La nourriture comme récompense
Des sucreries pour récompenser ou consoler apprennent aux enfants à gérer leurs émotions avec la nourriture – ce qui console ou récompense ne devrait pas être un aliment.
Ausführlich erklärt
« Si tu es sage, tu auras une glace » – récompenser avec de la nourriture part d'une bonne intention, et pourtant l'enfant y apprend trois choses qui le gêneront plus tard. Premièrement : le sucré a plus de valeur que les autres aliments. Deuxièmement : manger est un moyen de gérer ses émotions – la joie, la frustration, l'ennui. Troisièmement : on mange quand on a réussi quelque chose, pas quand on a faim.
Dans les années 1980, la psychologue du développement américaine Leann Birch a montré, lors d'expériences avec des enfants de maternelle, à quel point cet effet est puissant : les enfants qui recevaient un aliment en récompense l'appréciaient davantage ensuite – et ils appréciaient moins les aliments qu'ils devaient manger pour obtenir une récompense. « Mange tes légumes, après tu auras du dessert » rend donc les légumes moins attirants et le dessert plus désirable. Exactement l'inverse du but recherché.
Manger pour se consoler s'apprend aussi : des études montrent que les enfants souvent consolés avec de la nourriture mangent plus tard plus souvent sous le coup de leurs émotions – par exemple en cas de stress ou d'ennui. L'alimentation émotionnelle complique la perte de poids chez beaucoup d'adultes, et ses racines remontent souvent à l'enfance.
Que faire à la place ? Des récompenses qui ne se mangent pas : du temps ensemble, un jeu, une histoire de plus le soir, une sortie, un autocollant, un compliment. Consoler par la proximité : écouter, prendre dans ses bras, mettre des mots sur l'émotion (« Tu es déçu, je comprends »). Et les sucreries, on les propose tout simplement – comme une partie du quotidien, à des moments fixes, sans condition et sans punition.
L'inverse vaut aussi : ne jamais utiliser la nourriture comme punition. Supprimer le dessert ou envoyer « au lit sans dîner » associe la nourriture au pouvoir et à la culpabilité. Un enfant doit apprendre que manger, c'est se nourrir et se faire plaisir – ni une récompense, ni une punition.